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Les fortes pluies qui se sont abattues dans le Sud-Est de la France dans la nuit du 3 au 4 octobre dernier, faisant des dégâts énormes et de nombreuses victimes, sont-elles potentiellement liées au changement climatique en cours ?
 
Les élus municipaux, départementaux, régionaux et les parlementaires qui cumulent souvent ces différentes fonctions se précipitent depuis dimanche matin sur tous les micros qui se tendent pour accuser le ciel de tous les maux. Mais si ce type d’épisode cévenol fait autant de ravages, c’est aussi parce que d’autres facteurs importants se conjuguent à une météo exécrable...
  
La situation actuelle, explique Météo-France, est notamment due à un vaste système de basses pressions positionné sur l’Atlantique qui autorise la remontée de l’air chaud chargé d’humidité en provenance de la Méditerranée, dont la température de surface a été en septembre, « plus chaude que la moyenne sur toute sa partie nord-ouest ».
 
Mais « aucune preuve solide ne vient actuellement étayer l’hypothèse du réchauffement climatique »  dans les inondations qui ont frappé les Alpes-Maritimes, estime plusieurs spécialistes du climat. D’ailleurs, le nombre de jours ayant connu de très fortes précipitations n’a pas subi d’évolution au cours du demi-siècle écoulé.
 
Aidés par les journalistes sur le terrain ne retenant que le sensationnel,  les chaînes de télévision reprennent en boucle les images des « voitures encastrées les unes sur les autres » (TF1), « encastrées les unes dans les autres » (France 2), des maisons dévastées et sous-sols inondés provoqués par la brusque montée des eaux. La parole est surtout donnée aux habitants qui ont souvent une mémoire sélective du temps qu’il a fait. TF1 se contente de recueillir les témoignages des voisins « bouleversés ». « Ils ont du mal à exprimer leur émotion », révèle France 2 en recueillant leurs larmes. 
 
La loi Defferre sur la décentralisation du 2 mars 1982 et la politique urbanistique  des élus locaux sont largement responsables du drame actuel
 
La loi sur la décentralisation, initiée par Gaston Defferre en 1982, a partagé le pouvoir entre l'État et les collectivités territoriales ou locales. Par ce processus, l'État a délégué un certain nombre de ses compétences aux collectivités, qui se sont dotées de leurs propres organes de décision et de ressources propres. Les collectivités territoriales ont acquis ainsi depuis cette époque davantage d'autonomie, notamment dans la délivrance des permis de construire, la délimitation des zones à urbaniser, le plan d'occupation des sols, etc.
 
La plupart des élus locaux ont alors mené des politiques foncières délirantes en faisant disparaître chaque année de nombreuses terres agricoles ou zones vertes. Entre 2006 et 2014, l’artificialisation des sols par le bétonnage ou le goudronnage a supprimé 500 000 hectares dont 2/3 de terres vouées à l’agriculture, réduisant quasiment à néant leur capacité d’absorption des eaux de pluies. Aujourd'hui, les élus des Alpes maritimes notamment ont donc d’écrasantes responsabilités dans un département en proie à la folie immobilière et où la densité atteint 300 habitants au km² (et parfois bien plus contre une moyenne de 114 pour toute la France métropolitaine).
 
Ces élus ont facilité l’artificialisation de territoires entiers au nom de leurs valeurs foncières et oublient aujourd'hui dans leurs commentaires éplorés aux médias, que le taux d’artificialisation est trois fois supérieur dans les zones littorales de la région Paca que dans le reste de la France. Toutes les statistiques du ministère de l’Ecologie et du ministère de l’Agriculture le confirment.
 
Tracé de nouvelles routes, construction de parkings, dispersion des zones d’habitats, création de nombreux lotissements inondables, mise en place d’un urbanisme commercial ou canalisation excessive des petits fleuves côtiers ont ainsi décuplés la force destructrice des pluies violentes ou d'orages exceptionnels. Cela a renforcé les dégâts dans les zones les plus basses où aucun permis de construire ne devrait avoir été accordé, pour les habitations individuelles comme pour les implantations industrielles ou pour les grandes surfaces.
 
Pourtant, les drames passés ont été nombreux. En octobre 1988 à Nîmes, les inondations font 11 victimes. En septembre 1992, à Vaison-la-Romaine, 46 personnes sont emportées par le débordement de l'Ouvèze. En novembre 1999, on dénombre 34 morts dans le Sud-Est. En septembre 2000, 3 personnes décèdent à Marseille et 3 à Montpellier après de violents orages. En septembre 2002, 24 personnes sont tuées dans le Sud-Est notamment dans le Gard. En décembre 2003, 7 personnes décèdent dans la région d'Arles, Marseille, Orange et Arlebosc en Ardèche. En juin 2010, des pluies torrentielles font 23 morts et 2 disparus dans le Var. En novembre 2014, plusieurs épisodes orageux ravagent une bande allant des Pyrénées orientales au Var et font 17 morts.
 
La décentralisation et les pouvoirs absolus accordés aux maires ont ainsi permis de faire des choix urbanistiques contestables, trop souvent liés à la pression des milieux immobiliers qui règnent depuis des lustres sur la région Paca. Les dérèglements climatiques que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) ont annoncé depuis longtemps vont aggraver naturellement la situation. Et sans être entendus par un personnel politique dont l’horizon se limite à leur prochaine élection, les populations vont encore être exposés à des inondations dramatiques avec leurs lots de dégâts et de victimes…
 
 
 
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Tag(s) : #Environnement - Santé

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