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La composition des listes du Parti socialiste pour les élections européennes était un évènement attendu pour voir en particulier la place accordée aux anciens partisans du «Non de gauche» au traité constitutionnel européen, rejeté par les Français le 29 mai 2005. La réconciliation du "Oui" et du "Non" que le PS prétend avoir opéré, lors de son dernier Conseil National, s'est faite avant tout sur le dos des opposants aux deux derniers traités, certaines personnalités ayant même été rayés des listes comme Marie-Noëlle Lienemann ou Anne Ferreira.

Benoît Hamon, qui souhaitait une tête de liste au nom des 18% obtenus par la gauche du PS au dernier congrès de Reims, a dû se contenter d'une troisième place - éligible- en Ile-de-France et céder la place à Harlem Désir.


Martine Aubry a pris bien soin de dénier toute signification politique à sa candidature en déclarant lors de la conférence de presse de présentation des listes : "Benoît, il n'a pas besoin d'être numéro 1 car c'est maintenant l'idole de toutes femmes françaises, quel que soit leur âge, des grands-mères aux plus jeunes".


Voici donc l’espace politique auquel est réduit la gauche du PS : beau gosse…En somme, c'est sois beau et tais-toi !




 

Le conseil national du PS a adopté à une très large majorité les listes des candidats pour les élections européennes que les militants devront ratifier le 12 mars prochain.


Le PS entend, conformément à la position unanime de ses courants, «dépasser le Oui et le Non» mais le premier acte politique de Martine Aubry a été de voter le Manifesto du Parti Socialiste Européen pour les élections européennes, complété d’une déclaration de soutien enthousiaste au traité de Lisbonne ajouté dès la première page…


La déclaration politique votée quasi unanimement par le conseil national estime que : «le traité de Lisbonne est une donnée [alors qu’il n’est pas ratifié suite au «Non» populaire irlandais dont le PS ne tient aucun compte], mais ne saurait borner l'ambition des socialistes pour l'Europe».


Dans les textes c’est donc l’argumentaire du «Oui » qui est intégralement repris.


Dans les listes, deux têtes de liste seulement sur 8 reviennent à un ancien partisan du «Non» majoritaire dans le pays. Il s'agit d'Henri Weber, qui fait dorénavant partie du courant de Martine Aubry et de Vincent Peillon, qui est devenu le porte-parole du courant de Ségolène Royal qui soutient activement le traité de Lisbonne...

Cet accord conclu le 28 février entre tous les courants du PS a fait néanmoins grincer les dents de ceux qui n'ont pu tirer pleinement leur épingle du jeu.


Vincent Peillon bien sûr qui aurait préféré être tête de liste dans sa région d’origine au lieu d’être parachuté dans la région Sud-Est.


Gérard Collomb, maire de Lyon, frustré de n'avoir pu imposer son propre candidat a dénoncé quant à lui «une parodie de démocratie » digne «du comité central du PC d'URSS ». Il critique également le parachutage de Vincent Peillon dans la région Sud-Est, consécutif à la désignation de Gilles Pargneaux, patron du PS dans le Nord et très proche allié de Martine Aubry, pour mener la liste dans le Nord-Ouest.


Député européen sortant, Bernard Poignant a dénoncé "l'abandon de poste électoral" de certains camarades comme la députée de Moselle, Aurélie Filippetti, proche de Ségolène Royal. L'ex-verte est certaine de voir sa circonscription supprimée dans le cadre du futur redécoupage et a donc obtenu de se reconvertir en député européenne, numéro 3 sur la liste du Grand Est.


Autres dégâts collatéraux : la mauvaise humeur de Pierre Moscovici et des amis de François Hollande, réduits à la portion congrue par leurs alliés, partisans de Bertrand Delanoë.


A la gauche du PS, quelques jeunes turcs sont frustrés que des poulains d'Henri Emmanuelli leur aient été préférés.


Quant au principal intéressé, Benoît Hamon, il a réagi aux propos de Martine Aubry en déclarant au grand jury RTL-Le Figaro-LCI : "Si cela avait été un homme politique qui avait dit ça à propos d'une femme politique, ça aurait considérablement fait réagir (...) Elle a déjà été mieux inspirée."


Mais c’est sans doute les propos de Jean-Luc Mélenchon, ayant quitté récemment le PS pour créer le Parti de Gauche, qui résument le mieux les propos de Martine Aubry à l'égard de Benoît Hamon : " Imaginez cette phrase adressée par un homme à une femme! Mais Benoît est un petit garçon et il se tortille en souriant quand la maman du parti le taquine. Il laisse donc passer le message politique que cette grossièreté contient. Soit beau et tais-toit! "


On savait déjà le peu de considération que les Ouiouistes du PS, tout comme Nicolas Sarkozy, avaient envers le peuple qui a osé dire Non le 29 mai 2005 mais dans un tel abaissement des rapports politiques au sein du PS, la Rose du Nord a sans doute manqué un nouveau rendez-vous avec la rénovation et la modernité…

Tag(s) : #Institutions - Politique

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