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Déficit budgétaire de 148,8 milliards € en 2010 (+10,8 milliards € par rapport à l'année précédente), dette publique négociabl e de 1 229 milliards € fin 2010 (+ 81 milliards € en un an), 4,5 millions de chômeurs, trois millions de salariés précaires, trois millions de salariés à temps partiel, huit millions de personnes pauvres gagnant moins de 950 € par mois et 50 % des 23 millions de salariés gagnant moins de 1580 €, jamais aucun président sortant, depuis le début d e la cinquième République en 1958, n’aura eu un bilan aussi catastrophique…

 

 

BNP Paribas, Areva, Peugeot-Citroën…, alors que le marché du travail porte encore les stigmates de la crise économique et financière de 2008-2009, une série d’annonces de plans sociaux a repris depuis l’automne. Si ces plans ne sont que la partie émergée de l’iceberg, les chiffres du chômage pour le troisième trimestre 2011 confirment que la détente observée en 2010 n’aura été que passagère. La dernière estimation fait état d’une hausse de 37 000 chômeurs et le taux de chômage remonte ainsi à 9,3% de la population contre 9,1% au deuxième trimestre 2011.

 

En cause en premier lieu, bien sûr, le ralentissement de l’activité économique qui se traduit nécessairement par de nouvelles destructions d’emplois, dans les entreprises qui demeurent très affaiblies par la récession. Mais au-delà de ce contexte économique morose, la politique économique suivie par Nicolas Sarkozy joue un rôle majeur dans l’évolution du chômage.

 

Outre la croissance démographique, c’est surtout la suppression des dispositifs de retraits d’activité anticipés des seniors et l’impact de la réforme des retraites entrée en application en juillet 2011 qui sont la cause de la hausse du chômage. Le nombre de demandeurs d’emplois de plus de 50 ans a augmenté de 70 % au cours des 3 dernières années, contre 35 % pour l’ensemble de la population.

 

La situation du marché du travail aborde donc une nouvelle phase critique qui se traduira progressivement par une reprise du chômage de longue durée et son lot de conséquences sociales à mesure que les chômeurs perdront leurs droits à indemnisation. Et cet enlisement s’annonce durable dans la mesure où les efforts de consolidation budgétaire s’inscrivent dans le court terme et où la hausse de l’activité des seniors perdurera au moins jusqu’en 2017.

 

Les réponses de Nicolas Sarkozy aggravent la crise 


Sortir de cette crise, qui a éclaté il y a quatre ans, impose des ruptures au niveau européen et national mais on en est loin.

 

Sur le plan européen, Nicolas Sarkozy a abdiqué face à l'Allemagne sur deux sujets majeurs qui sont le rôle de la Banque centrale européenne et l'émission d'eurobonds. Toute modification du rôle de la BCE semble conditionnée par une constitutionnalisation de l'austérité, ce qui est tout simplement intolérable. Quant à l’instauration d’une taxe sur les transactions financières, suffisamment dissuasive pour diminuer de 75 à 80 % les transactions spéculatives actuelles, on en parle certes et on en reparle à chaque réunion du couple Merkozy...


En France, alors que la dette explose depuis 2007, le gouvernement de François Fillon préfère passer sous silence le rapport de la Cour des comptes (février 2010) qui établit que la moitié de l’augmentation du déficit public en France est liée à la politique budgétaire suivie par le Président sortant…Au total, ce sont 75 milliards d'euros de dépenses fiscales inutiles qui ont été accordés aux plus favorisés, sans bénéfice pour la croissance et l'emploi. 


Le gouvernement accentue de mois en mois l'austérité au détriment des salariés mais en plus il les stigmatise (un arrêt de travail est suspecté de fraude…). Il tente d’opposer le secteur public au secteur privé (cf. les débats hallucinants sur les jours de carence en cas d’arrêt maladie…). Il a même inventé la sinistre « rupture conventionnelle » du contrat de travail à durée indéterminé qui a fait perdre leur emploi, sans motif, à 600 000 salariés en trois ans.


Par ailleurs, la réduction accentuée des dépenses publiques et sociales continue à remettre en cause le service public. Les conditions de travail sont de plus en plus dures, les effectifs de plus en plus insuffisants. Les fonctionnaires souffrent de ne plus pouvoir exercer correctement leur mission de service public. Le comble, c'est qu'on évalue individuellement des agents dans le même temps où l’on remet en cause les moyens et le rôle du service public !

 

Des lits sont fermés dans les hôpitaux faute d'effectifs suffisants, des retards sont enregistrés dans d’autres secteurs pour les mêmes raisons. Vouloir comparer notamment toutes les activités d'un hôpital avec les activités d'une clinique privée est aberrant. Pour ne prendre qu’un exemple, le service de pointe des grands brûlés à l'hôpital de la Conception (Assistance publique de Marseille) ne pourra jamais être équilibré financièrement, tout simplement parce que c'est impossible !

 

Autre exemple : la réduction d'un quart du budget des voies navigables va empêcher les travaux nécessaires sur certains barrages ou écluses, par exemple en amont de la Seine, etc.

 

Pourtant, la France n’a jamais été aussi riche. Les gains, en dépit ou grâce à la « crise », ont été concentrés en 2009, entre les patrons du CAC 40 qui ont gagné en moyenne 190 fois le SMIC, les grandes entreprises françaises qui ont surmonté la crise avec une explosion de leurs profits dés 2010, les 10 plus grosses fortunes dont la plupart sont des amies de Nicolas Sarkozy qui possèdent à elles seules 14,2 millions d’années de SMIC, les 100 plus gros contribuables qui se partagent 3 milliards d’euros par an.


Au lieu de s’en prendre à la gigantesque fraude fiscale, on s’en prend à la dérisoire « fraude sociale ». Au lieu d’imposer les fortunes accumulées et les 5 % de Français qui possèdent 50 % du patrimoine, on envisage une « TVA sociale » qui sera payée par les salariés.


On refuse de séparer banques de dépôts et d’affaires, d’interdire les ventes d’actions à découvert. On laisse fermer les entreprises les plus performantes. On livre l’industrie métallurgique Arcelor à Mittal. On laisse Total empocher 14 milliards de bénéfices sans que le groupe ne paie d’impôts en France…


On fait semblant de ne pas connaître le dernier rapport réalisé sous le magistère de Philippe Séguin, où l’on apprenait qu’un tour de passe-passe avait été réalisé par le gouvernement de Nicolas Sarkozy pour amoindrir l’importance des niches fiscales. Celles-ci ne représenteraient pas 70,7 milliards € ainsi que le mentionnent les documents officiels mais 146 milliards € ! Une somme colossale, puisque largement supérieure au produit de l'impôt sur le revenu payé par les particuliers, qui était de 51,8 milliards € en 2008 ! 


Il n’y a pas de pardon pour un bilan pareil. Et ce n’est pas en allant se faire prendre en photo en serrant des mains d’ouvriers pour se faire réélire qu’on lutte contre la crise. Ce n’est pas non plus en allant faire des discours creux à Toulon devant un parterre de militants UMP, venus massivement en car, aux frais de la princesse…


Il y avait déjà eu un discours à Toulon il y a trois ans, avec des annonces fracassantes : le capitalisme financier allait être moralisé, les paradis fiscaux, c'était terminé, les rémunérations des dirigeants allaient être encadrées. Et rien ne s'est produit !

 

En réalité, Nicolas Sarkozy n’espère plus qu’une chose, d’ici 2012, avec ses amis, grands patrons de presse et de médias, Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Serge Dassault, Arnaud Lagardère et François Pinault : réussir à tricher sur ses vraies responsabilités pour tenter d’être réélu…

 

Photo Créative Commons : clochard par Roel Wijnants (http://www.flickr.com/photos/roel1943/5259021610/ )

Tag(s) : #Economie - Fiscalité - Social

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