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Depuis le succès du roman "1984" de George Orwell, l'expression Big Brother (Grand Frère) est utilisée pour qualifier toutes les institutions ou pratiques portant atteinte aux libertés fondamentales et à la vie privée des populations ou des individus.

Aujourd’hui, avec un peu de retard, Big Brother est en train de s’installer en France et devrait d'ailleurs plutôt s’appeler «Big Sister», car son nom est en réalité Edvige (Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information GEnérale).

 

Sans aucun débat public préalable, par un simple décret publié au Journal officiel, le gouvernement de François Fillon, avec la bénédiction de Nicolas Sarkozy, a décidé d’accroître considérablement les capacités de fichage de tout citoyen âgé de 13 ans et plus…

 


 

Le décret publié au Journal officiel, début juillet, institue un nouveau fichier dénommé EDVIGE, organisant le fichage généralisé et systématique de «toutes personnes âgée de 13 ans et plus» «ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif».


Il est également prévu de ficher tout individu, groupe ou organisation dont l’activité est susceptible de troubler l’ordre public et de permettre aux services de police d’effectuer des enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois ou à certaines missions, sur la base des éléments figurant dans le fichier EDVIGE.

 

Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).

 

Sa mission ?


« Centraliser et analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l’exercice de leurs responsabilités ».

 

Et dans cette histoire, nous sommes bien au-delà d'un clivage gauche-droite ou même gouvernement-opposition : c'est de la liberté qu'il s'agit car, pour parler clairement, Edwige va nous espionner !

 

Pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE instituant ce fichage systématique et généralisé des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs, homosexuels et religieux, plusieurs pétitions sont lancées notamment par le Groupe d’intervention et de soutien aux travailleurs immigrés (Gisti), la Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques (FCPE) et le Syndicat de la magistrature (SM).

 

Pour le Syndicat de la magistrature, "cette dimension nouvelle du fichage politique introduit, au prétexte toujours bien commode de l’ordre public, un moyen puissant de dissuasion de toute forme de contestation ou d’opposition citoyenne" et parle d’un "fichier d’inspiration anti-démocratique".

 

Pour la Ligue des droits de l’homme, "il ne s’agit plus (...) de ficher les auteurs d’infractions constatées, mais, comme pour la rétention de sûreté, de cibler ceux que l’on étiquette d’avance comme de futurs délinquants hypothétiques. Le soupçon préventif suffit à justifier le fichage".

 

Du côté politique, le PS prend tardivement le train en marche après avoir été dans cette affaire (comme malheureusement dans beaucoup d’autres…) d’une extrême timidité.

 

François Bayrou a lancé, quant à lui, un appel courageux contre Edvige en appelant tous les maires à rejeter un tel fichier et le 2 septembre 2008, il a déposé un recours auprès du Conseil d’Etat.


 

 

Liens vers les pétitions :

 

http://www.nonaedvige.ras.eu.org/ http://malgretout.org/spip.php?article128


Avec M. Sarkozy, et son videur de boîte de nuit Hortefeux, nous commençons à avoir l’habitude de perdre tout ce à quoi on tenait.


On gagne moins en travaillant plus, on fait des centrales nucléaires comme suite du Grenelle de l’environnement, on remplace le faire par la communication sur le faire, et on propose le karcher comme solution au problème des banlieues.

 

On a tout accepté plus ou moins de bon cœur, nous ne sommes pas rancuniers, on s’est laissé faire avec docilité... Mais maintenant, nous disons HALTE. Parce que TROP, C’EST TROP !

 

Voilà que M. Sarkozy, premier flic de France, propose un pas de plus dans l’indignité, dans la honte : un nouveau fichier pour ficher des innocents... au cas où. Et ceci dès l’âge de 13 ans.


Tout ceci à vrai dire, bien que gênant, ne serait pas si grave que cela, s’il n’avait pas commis l’irréparable : il a appelé ce fichier EDVIGE. Alors là, nous disons NON.

 

Nous appelons toutes les Edwige de France à se révolter contre cet attentat à leur honneur. Nous qui lançons cet appel, pouvons attester de beaucoup d’Edwige connues de nous, qui n’ont rien à voir avec un fichier policier à la Guantanamo. C’est pourquoi nous appelons à un double sursaut citoyen.

 

D’une part, que toutes les citoyennes honnêtes de ce pays qui portent le magnifique prénom d’Edwige signent cet appel, en défense de leur honneur.


D’autre part, que toutes les personnes qui, à l’instar des premiers signataires de cet appel, sont à leurs moments perdus, et dans des activités plus ou moins avouables, eux aussi, des Edwige, signent cet appel contre l’honneur perdu d’Edwige.

 

 

Premiers signataires :

 

Gilles LEMAIRE (écologiste), Miguel BENASAYAG (philosophe et psychanalyste), François GEZE (éditeur), Angélique DEL REY (philosophe), Huguette CORDELIER (syndicaliste), Pierre CORDELIER (instituteur syndicaliste), Annick COUPE (syndicaliste), José BOVE (paysan), Emmanuel TERRAY (anthropologue), Gus MASSIAH (altermondialiste), Noël MAMERE (député), Grégoire SIMON (chanteur-musicien des Têtes raides), Ramon CHAHO.(Ecrivain et journaliste), Monique CRINON (philosophe et sociologue), Marguerite ROLLINDE (enseignante-chercheure), Fabienne MESSICA (sociologue), Julien LUSSON (altermondialiste), Dominique NOGUERES (avocate), Mouhieddine CHERBIB (militant des Droits Humains), Laurent CIMA ( syndicaliste), Martine RAINAUD (retraitée), Rémy BOVIS (écologiste), Miriam ROSEN (journaliste, traductrice), Patrick FARBIAZ (écologiste), Damien LEJEUNE FLAMBARD (écologiste), Olivier ZUCKER (professeur retraité), Frédérique JOURNE (syndicaliste), Jean-François CHALOT (conseiller municipal), Pierre COURS-SALIES (sociologue), Carla Orlandina SANFELICI, Bruno ALLAIN (écrivain), Mark ETC (artiste groupe Ici-Même), Catherine LEVY (sociologue), Jean-Michel FAURE (professeur émérite d’université), Camille JULLIEN ( paysagiste), Mathilde STEINAUER (écologiste), Frédéric SUPIOT (neurologue), Isabelle GOUZOU (comédienne), Aline LEGRAND (citoyenne révoltée), Tarek BEN HIBA (conseiller régional), Véronique VASTER (artiste plasticienne sculpteur), Guillaume GRIMA (élu libertaire), Laurence HUGUES (écologiste), Michel MOTU (comédien), Christian DELARUE (responsable associatif), Monique LEGRAND (rééducatrice), Julien BAYOU (Jeudi-Noir), Pierre SARRASSAT (Informaticien NE), Djilali BENAMRANE (économiste altermondialiste), Bénédicte CASTAING (juriste), Raymond DUPEBE, Jean-Marc DELAUNAY (Jeudi-Noir), (Cécile DIGUET (urbaniste), Malika ZEDIRI (conseillère régionale)

 


Tag(s) : #Institutions - Politique

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