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Il est toujours difficile de se mettre à la place de quelqu’un pour lui faire commenter l’actualité politique d’une période qu’il n’a pas connue. On connaissait déjà : le Général aurait dit, le Général aurait fait…, on connaissait encore Nicolas Sarkozy citant récemment Jean Jaurès !

Mais, pour qui aurait voté Jaurès aux élections européennes du 7 juin prochain s’il avait été encore de ce monde? Cet exercice de politique-fiction, est cependant plus facile à mettre en perspective qu’on pourrait le penser au premier abord…

 


Quelle est la situation politique à gauche aujourd’hui ?

Le parti radical de gauche (PRG) et le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) de Jean Pierre Chevènement ont décidé de ne pas prendre part à la campagne des élections européennes et préconisent, le 7 juin prochain, un vote blanc ou nul !

Le PRG a fait savoir qu'il n'appelait pas à voter pour son traditionnel allié socialiste et son président, Jean-Michel Baylet, votera blanc. Il reproche au PS et à l'UMP d'être «à l'origine du système inique» de circonscriptions régionales qui, selon lui, favorise les grandes formations politiques dans le scrutin européen; Ce qui est exact mais ne justifie pas forcément un vote blanc…


Pour le MRC, «cette élection à un Parlement-fantôme est un trompe l’œil. Dans cette enceinte où 770 soi-disant députés inconnus de leurs électeurs peuvent s’exprimer trois minutes chacun, en usant de l’une des vingt-deux langues officielles reconnues, aucune volonté générale ne peut bien évidemment s’exprimer.» Si cet argument est juste, Jean-Pierre Chevènement était beaucoup moins scrupuleux lorsqu’il était un conseiller spécial de Ségolène Royal (ouiouiste béate) lors de la dernière élection présidentielle…


A l’extrême gauche et alors qu’il faut au moins 5% des voix pour espérer avoir un élu, Lutte Ouvrière (LO) et le nouveau parti anti-capitaliste (NPA) préfèrent se présenter séparément à ces élections. Non seulement ces deux organisations ont refusé tout accord avec le Front de Gauche (FDG) mais elles ont été incapables de faire une liste commune alors même qu’elles sont issues de la même famille politique !


Chacun l’aura compris, Olivier Besancenot, pensant sans doute avoir été boosté par son récent passage chez Michel Drucker et la nouvelle porte-parole de LO, Nathalie Arthaud (remplaçante d'Arlette Laguiller), veulent absolument se compter dans cette élection, quitte à n’avoir aucun élu ! Une situation ubuesque pour ces deux organisations qui prouvent que le sectarisme et le nombrilisme font toujours recette à l’extrême gauche…


Et le parti socialiste? Celui-ci soutient Il Manifesto, le texte de référence du Parti socialiste européen (PSE) et le traité de Lisbonne, véritable TCE bis rejeté par les français le 29 mai 2005 ; un traité dont le PS a permis, avec l'UMP, lors du congrès de Versailles, qu’il s’inscrive dans la Constitution de la République si par malheur il est ratifié par les 27 pays européens... Et le PSE s’apprête à voter pour un second mandat de Manuel Barroso, à la tête de la commission européenne !


En affirmant que pour «réorienter l’Europe, il faut d’abord envoyer au Parlement de Strasbourg une majorité de députés de gauche», le PS a quelques troubles de mémoire, comme cela lui arrive fréquemment ces derniers temps.


D'abord parce que le Parlement, malgré de légers progrès, dispose toujours de peu de pouvoirs mais également à cause de ce qui s’est produit par le passé lorsque l’Europe comptait 15 pays. A cette époque existait une majorité de gauche au Parlement européen et sur 15 pays, on en comptait 13 avec une majorité social-démocrate ! Rien n’a changé pour autant !


Et cette Europe que Martine Aubry critique pour les besoins de la campagne, ce n’est pas seulement celle des ultra-libéraux, Manuel Barroso en tête, c'est aussi celle de tous les socialistes européens et de Jacques Delors, ministre socialiste des Finances de 1981 à 1985 puis président de la Commission européenne de 1985 à 1995, qui a conçu notamment l’acte unique européen et le traité de Maastricht.


C’est toujours cette Europe qu’elle a défendu ardemment le 29 mai 2005 en faisant campagne pour le Oui au traité constitutionnel puis en soutenant le traité de Lisbonne qui réunit toutes les causes des souffrances présentes.


Il y a enfin dans le paysage politique, le Parti Communiste (PC) et le Parti de Gauche (PG), alliés pour la circonstance dans le FDG.


Malgré les critiques que l’on peut faire ici ou là à Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon, notamment vis-à-vis d’une certaine sous-estimation de l’importance de la souveraineté nationale dans une Europe à 27 pays, il ne reste pourtant que cette possibilité de vote pour les vrais républicains de gauche.


42 économistes et de nombreuses personnalités*, ni membres du PCF, ni membres des courants du PS qui ont donné naissance au PG, appellent à soutenir la dynamique unitaire du Front de Gauche et toute une série d’objectifs pour «le contrôle des banques et de la finance , «une hausse coordonnée des salaires et des prestations chômage», «un salaire minimum en Europe , la nécessité de «réhabiliter les services publics», de «remettre en cause le dumping fiscal», d’affirmer l’objectif du «plein emploi et des droits sociaux», enfin d’affirmer les principes «de convergences par le haut et de non régression sociale»…

 

Jean Jaurès pour qui le courage était de "chercher la vérité et de la dire", aurait sûrement voté FDG aux élections européennes le 7 juin prochain mais naturellement, vous n’êtes pas obligé de me croire…

 


 

* les humoristes Guy Bedos et Bruno Solo, l'écrivaine Edmonde Charles-Roux, le cinéaste Robert Guédiguian, l'actrice Ariane Ascaride, Bernard Cassen, Ignacio Ramonet, charb, Georges Séguy, Jean Ziegler...

 

 

 

 

Appel à tous les électeurs républicains et socialistes à voter pour le Front de Gauche


Fidèles à l’esprit et à l’œuvre de la Révolution Française et de la Commune, nous sommes républicains.


Fidèles à la pensée de Jaurès et à l’œuvre du Front populaire et du Conseil National de la Résistance, nous sommes socialistes.


Par cette double fidélité, nous entendons agir pour un objectif : la République Sociale, c’est-à-dire pour que les concepts républicains d’égalité, de liberté, de fraternité et de laïcité ne soient pas seulement des mots désincarnés mais se déclinent dans la société toute entière de manière perceptible et vivante et dans tous les domaines, y compris dans le domaine économique et social.


Cet objectif nous impose d’agir dans le présent afin de redonner à notre peuple l’espoir et la recherche d’un nouvel idéal qui lui font défaut depuis plusieurs décennies.


Or, aujourd’hui, le peuple souffre. Partout, la crise sociale fait sentir ses effets : chômage, précarité, pouvoir d’achat en berne, conditions de travail toujours plus difficiles sont le lot de la majorité de nos compatriotes, tandis qu’une petite minorité étale sans vergogne richesse et privilèges. C’est la conséquence du système libéral qui, loin de s’atténuer malgré son échec patent, poursuit ses ravages partout dans notre pays, détruisant une à une les conquêtes sociales obtenues par deux siècles de luttes.


Face à cette situation, nos concitoyens ne baissent pas les bras, comme le prouvent les résistances face aux fermetures d’usines et aux délocalisations, aux attaques contre l’éducation nationale, la santé publique et les services publics ou le succès des manifestations du 29 janvier et du 19 mars.


Mais cette réponse par les luttes ne suffit pas. Il faut donner à celles-ci un débouché politique, faute de quoi il ne restera plus rien de l’héritage dont nous sommes porteurs.


Ce débouché ne peut sortir ni du social-libéralisme qu’incarne aujourd’hui le Parti Socialiste, ni de la démarche pseudo-révolutionnaire du NPA. L’un et l’autre font le jeu de la droite et du libéralisme : le premier en soutenant de facto la « concurrence libre et non faussée » de l’Europe libérale incarnée par le traité de Lisbonne, le second en refusant de facto toute alliance susceptible de vaincre les libéraux dans les urnes.


Seule une large union des socialistes de conviction, des communistes, des républicains progressistes, des antilibéraux, des syndicalistes, et de tous les citoyennes et citoyens attachés aux valeurs de la République et du Socialisme nous paraît à même de répondre à l’attente de notre pays.


Mas cette union ne se construira pas en un jour. Des jalons sont nécessaires. Et c’est dès maintenant que nous devons y travailler.


C’est pourquoi nous appelons toutes celles et tous ceux qui ont voté non le 29 mai 2005, toutes celles et tous ceux qui refusent le dogme européiste de la « concurrence libre et non faussée », toutes celles et tous ceux qui se battent contre les menaces pour la santé publique contenues dans la loi Bachelot, toutes celles et tous ceux qui se battent pour une éducation et une recherche de qualité, toutes celles et tous ceux qui veulent défendre nos services publics et en créer de nouveaux, toutes celles et tous ceux qui refusent la fatalité du chômage et de la précarité, toutes celles et tous ceux qui veulent défendre la laïcité, à soutenir notre combat pour offrir un autre avenir à notre peuple en rejoignant République et Socialisme.



Pour rejoindre cet appel, adressez un mél à : republiqueetsocialisme@yahoo.fr


ou écrivez à République et Socialisme c/o Lucien Jallamion 44 bis rue Philippe de Girard 75018 Paris.

Tag(s) : #Institutions - Politique

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