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Le Sommet de Copenhague, qui aura réuni pendant deux semaines près de 200 pays du monde entier, les «grands» dirigeants de la planète et rassemblé près de 100.000 citoyens dans les rues de la capitale Danoise a finalement accouché d’une souris.

 

Le résultat final est un accord politique au rabais, une véritable gifle infligée aux pays du Sud, aux mouvements citoyens et à la planète toute entière... 


 

 

On espérait encore assister à un sursaut à Copenhague mais c’est en fait un échec et une régression honteuse par rapport à Kyoto. En guise de négociations multilatérales sort un texte rédigé à huit clos par un petit groupe de moins de 30 pays, menés essentiellement par les États Unis, la Chine, le Brésil et l'Afrique du Sud. Une concertation à deux vitesses en quelque sorte entre les pays qui comptent et ceux qui n'ont pas voix au chapitre !


Comme pour le précédent G20 déguisé en sommet international, on a assisté en fait à une mascarade et on est en droit de s'interroger sur ce qui s'est réellement passé dans les coulisses du Bella Center et quelle a été la nature des pressions exercées.


Ecartant toutes les délégations pourtant dûment accréditées des ONG, les pays industrialisés, au premier rang desquels les États Unis et la France, ont été à la manœuvre pour diviser les pays du Sud. Ils se sont une fois de plus montrés prêts à tout pour pouvoir annoncer un accord et continuer à se partager les juteux droits à polluer sur le marché carbone.


La demande initiale de financement du groupe Afrique a été curieusement passée par pertes et profits après la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Premier ministre d'Ethiopie Meles Zenawi. Les plus coriaces des négociateurs philippins ont été évincés après la rencontre entre Hillary Clinton et la présidente des Philippines Gloria Arroyo…


Une déclaration d'intention vide


Les pays africains et insulaires savent mieux que les autres ce que signifient les effets du changement climatique et ce à quoi les condamne l'absence d'accord contraignant.


L'objectif de limitation de la hausse des températures à 2°C en 2050 inscrit dans le texte correspondrait à une augmentation de 3 à 3,5°C en Afrique. Selon le Pan African Climate Justice Alliance, cela signifierait 55 millions de personnes de plus souffrant de famine et 350 à 600 millions de personnes de plus victimes du stress hydrique.


Le texte indique la volonté de limiter la hausse des températures à 2°C mais ne prévoit ni moyens, ni engagements, ni objectifs chiffrés, ni mécanismes de contrôle ! Il n’y a aucun engagement chiffré de réduction des émissions d'ici 2020, ni même d'ici 2050. Le projet d'une instance internationale de contrôle a été enfin abandonné devant le refus sans appel de la Chine.


L'Union Européenne est restée sur des positions de réduction de 20% en 2020, les autres pays étant censés faire connaître leurs engagements début 2010.


Au nom de la souveraineté nationale, on se contente donc d'inviter les pays à rendre compte de leurs efforts devant les Nations Unies tous les deux ans, sans aucune contrainte juridique. En ce qui concerne la protection des forêts, on en reconnaît l'importance mais sans proposer des mesures incitatives.


Bref, c'est le règne de la pensée magique : on écrit noir sur blanc que tout cela est important, on signe tous en bas et c’est tout...


Ce texte sacrifie les populations les plus pauvres et les générations futures. Insulte aux pays du Sud, attitude néocoloniale, suprématie des logiques capitalistes et des intérêts privés, égoïsme des nations et aveuglement des dirigeants, c’est une gifle à la face du monde.


Pourtant nombreux sont ceux comme les dirigeants de Bolivie et du Venezuela, les pays du Sud et les dizaines de milliers de manifestants défilant dans les rues qui réclament une justice sociale et climatique malgré la répression et les tentatives de musellement des forces de l'ordre.


Et aujourd’hui, l'opinion publique doit continuer à se faire entendre afin de sanctionner durement ces dirigeants sans morale qui bafouent l'intérêt général au nom de la logique économique et diplomatique. Les mouvements écologistes et altermondialistes doivent poursuivre leurs efforts en liaison avec les syndicats, partis politiques, mouvements populaires pour que se mette en place un véritable contrôle citoyen de notre avenir commun.


Prochain rendez-vous des représentants des gouvernements à Bonn dans 6 mois, puis à Mexico fin 2010...

Tag(s) : #Environnement - Santé

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