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Sans aucune information, ni consultation, le gouvernement de Nicolas Sarkozy vient d'offrir en pâture 1% du territoire français aux appétits des gaziers et pétroliers.

En prenant une ordonnance sur le Code Minier le 19 janvier dernier et en accordant des permis de recherche exclusifs à des fins d'exploitation de gaz non conventionnel, dits "gaz de schiste", l'État a livré aux multinationales Total, EGL (European Gas Limited), Hess/Toreador, Schuepbach Energy et GDF Suez, des hectares entiers de terres dans le Bassin Parisien, en Rhône Alpes, PACA, Nord Pas de Calais, Lorraine et Franche Comté…


 

 

En Picardie, la société Toreador, le quatrième producteur de pétrole français, et son partenaire Hess devraient entamer un programme de six forages dans une zone supposée riche en huiles de schiste s’étendant sur 779 km2 autour de Château-Thierry (Aisne). L’américain Schuepbach Energy, associé à GDF Suez, est parti à la découverte de gisements de gaz de schiste en Lozère et en Ardèche où il détient deux autorisations de recherche sur des zones de 931 et 4414 km2. Tandis que Total et Devon Energy entendent fouiller une région de 4327 km2 près de Montélimar (Drôme)…


Et ce n’est qu’un début car plusieurs autres permis d’exploration seront attribués dans les prochains mois. En tout, 65 000 km2 du territoire français seront bientôt livrés aux prospecteurs de gaz et huiles de schiste, soit près de 12% du territoire !


Les conséquences peuvent pourtant s'avérer lourdes car la technique utilisée est non seulement polluante et dangereuse pour l'écosystème, mais en plus, très grosse consommatrice d'eau.


La «fracturation hydraulique horizontale», consiste en effet à provoquer des failles à l’aide d’un liquide envoyé à très forte pression, pour libérer le gaz et le pétrole pris dans la roche compacte, à plus de 2000 mètres de profondeur. Trois ingrédients sont nécessaires pour créer ces mini séismes : des quantités énormes d’eau, plusieurs centaines de produits chimiques (près de 600) pour attaquer la roche et des micro-billes pour maintenir ouvertes les failles.


Chaque puits peut être ainsi fracturé entre 15 et 20 fois, chaque fracturation consommant entre 7 et 28 millions de litres d'eau, dont seule la moitié est récupérée.


Où sera pompée toute cette eau ? Une fois de plus, on est bien loin du Grenelle qui devait par son article 27 préserver les ressources en eau ! Et comment seront acheminés les volumes de gaz ainsi extraits vers les usines de retraitement ?


L’exemple catastrophique de l’Arkansas


Aux Etats-Unis, le bilan de l’extraction de ces énergies fossiles est catastrophique : pollution massive des nappes phréatiques et de l’air, destruction des paysages et de milieux naturels, etc.


Au cours des quatre derniers mois de 2010, près de 500 tremblements de terre ont secoué Guy en Arkansas. En 2009, 38 séismes ont eu lieu dans tout l’État. Le point culminant de la fréquence des séismes a été atteint le 30 décembre, avant et pendant la mort de 100 000 poissons, sur une distance de 20 milles au long de la rivière Arkansas, incluant Roseville Township. La nuit suivante, 5000 carouges à épaulettes et étourneaux sansonnets sont morts subitement en tombant du ciel à Beebe. Le coupable le plus probable de ces trois événements serait la fracturation hydraulique, puisqu’elle provoque des tremblements de terre entraînant la libération de toxines dans l’environnement.


Un examen de l’histoire des séismes et du forage en Arkansas révèle une hausse consternante de la fréquence des tremblements de terre après un forage avancé. Le nombre de séismes en 2010 équivaut presque à celui enregistré pour tout le 20e siècle ! L’industrie du pétrole et du gaz nie bien sûr toute corrélation mais l’avènement d’hydrofraction suivie de séismes est une histoire qui se répète à travers le pays.


En 1996, la production de gaz de schiste aux États-Unis comptait pour 2% de toute la production nationale de gaz naturel. Certains analystes de l’industrie prévoient que le gaz de schiste représentera la moitié de la production nationale de gaz dans les 10 prochaines années. En 2000, les estimations des réserves de gaz des États-Unis étaient de 177 billions de pieds cubes, mais elles ont grimpé jusqu'à 245 billions de pieds cubes en 2008. Ces nouvelles technologies incitent les experts à multiplier par neuf les estimations des réserves mondiales de gaz !


Pour un gel immédiat des prospections sur l’ensemble du territoire français


L’exploitation dans les différentes régions françaises conduirait inéluctablement à des dégâts considérables ainsi qu’à des émissions accrues de gaz à effet de serre, alors même que notre pays s’est engagé à les diviser par quatre.


Le Sud de la France est particulièrement touché. C'est pourquoi, du Larzac à la Drôme en passant par les Cévennes, et l'Ardèche, des collectifs composés de citoyens, d'associations,   de syndicats,  de partis politiques  se lèvent contre ce mode d'exploitation et dénoncent :


- l'absence d'information et de débats publics,


- les conséquences environnementales désastreuses (pollution des réserves d'eau potable, du sol et des sous-sols),


- l'aberration énergétique et la fuite en avant que ce choix représente à l'heure de la lutte contre le changement climatique,


- les ravages en termes socio-économiques (agriculture, tourisme,...)


- les atteintes irréversibles à la santé (produits mutagènes, reprotoxiques ou cancérigènes).


Trois  permis d'exploration viennent d'être accordés autour de Montélimar, de Villeneuve de Berg en Ardèche, et de Nant en Aveyron. Comme si cela ne suffisait pas, 3 autres permis n'attendent plus que la signature du préfet de région : un en mer au large de Marseille, un à Brignoles, qui couvre 6 781 km2 et un à Gargas, dans le Parc du Luberon, qui couvre 870 km2.


D’après un géologue, la Fontaine de Vaucluse, première source de France pour les volumes débités risquerai d'être polluée. Elle est classée cinquième au rang mondial avec un débit d'eau annuel oscillant entre 630 et 700 millions de m³. La source est l'unique point de sortie d'un bassin souterrain de 1 100 km² récupérant les eaux du Mont Ventoux, des monts de Vaucluse, du plateau d'Albion et de la montagne de Lure.


Ce phénomène d'eau polluée a déjà été observé pour la première fois au Québec où une migration de gaz de schiste souterraine menace la nappe phréatique à Saint-Hyacinthe et à Lotbinière.

 

Pour toutes ces raisons, il est urgent d’avoir un débat public avec la société civile, les élus locaux et nationaux, pour dresser un inventaire complet des conséquences environnementales, sanitaires, économiques et sociales de cette nouvelle folie industrielle.


 

 

Photo Flick-cc : schiste par florriebassingbourn (http://www.Lien.flickr.com/photos/75166820@N00/20511750/)   
Tag(s) : #Environnement - Santé

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