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Les raisons humanitaires ont bon dos. Obama, Cameron et Sarkozy donnent leur feu vert pour l’envoi de troupes saoudiennes massacrer les démocrates du Bahrein mais ils seraient les sauveurs du peuple libyen ? Les pays occidentaux protègent la répression du dictateur au Yemen mais ils seraient soucieux de démocratie ?

Le plus désolant dans cette affaire libyenne, c’est la désinformation de l’opinion publique...

 


Le peuple libyen mérite certainement mieux qu’un dictateur qui a rempli les comptes suisses de tous les membres de sa famille et soutenu aussi quelques dictateurs africains détestés.


Mais en soutenant les Palestiniens et nationalisant le pétrole pour assurer des services sociaux à sa population, Kadhafi a fait sur ce point précis le contraire de Moubarak et Ben Ali. Et ceci n’est certainement pas étranger à l’intervention des pays occidentaux en Libye, USA en tête.


Les buts cachés de l’intervention


Si demain, les Libyens étaient dirigés par un véritable démocrate, qui n’applaudirait pas ? Mais si c’est pour le remplacer par des amis de l’Amérique comme Karzaï ou Al-Maliki et plonger ce pays dans le chaos pour des décennies comme l’Irak et l’Afghanistan, alors, c’est autre chose…

 

Chaque peuple a le droit de se débarrasser de dirigeants qui ne lui conviennent pas, mais ce droit n’appartient pas aux grandes puissances : USA, France et Grande-Bretagne. Celles-ci ne poursuivent que leurs intérêts propres et souvent en fait ceux de leurs mulltinationales.

 

S’il n’y avait pas de pétrole en Libye, jamais l’Occident ne serait intervenu. Il faut quand même rappeler que la plupart des dictateurs africains ont été mis en place et sont protégés par les Etats-Unis ou la France, voire ces deux pays ensemble.

 

Le véritable but de cette guerre, comme en Irak, est de conserver le contrôle du pétrole. A la fois source de profits énormes et instrument de chantage pour contrôler toutes les économies. Les USA n’utilisent pas eux-mêmes tout le pétrole du Moyen-Orient, mais veulent néanmoins garder le contrôler de l’or noir dans le monde entier.

 

Pour garder ce contrôle, il leur faut aussi assurer le meilleur cordon protecteur autour d’Israël grâce à des pays arabes «conciliants».

 

La « communauté internationale » existe-t-elle ?


Manipulé par l’argent et divers chantages, le Conseil de Sécurité de l’ONU n’est pas démocratique et ne représente pas, loin s’en faut, tous les peuples. Les grandes puissances (néo)coloniales - USA, France et Grande-Bretagne - prétendent parler au nom de la « communauté internationale ». Mais cette action n’est soutenue ni par l’Allemagne, ni par la Russie, ni par la Chine. De plus, le Conseil de l’Europe avait exigé que l’Union Africaine donne son accord, pour une intervention en Libye; or, celle-ci a rejeté l’intervention et l’Union des Pays Arabes traîne le pas…

 

Et toute l’Amérique latine a soutenu l’idée d’une médiation lancée par Hugo Chavez. Pourquoi les Occidentaux ont-ils refusé ? Parce que ce qui les intéressait n’était pas de sauver des gens, mais bien de s’emparer du pétrole.

 

En fait, les agresseurs sont une minorité. Comme par hasard, il s’agit des puissances les plus riches et les plus coloniales du monde. Le terme «communauté internationale» est impropre et n’est qu’un terme de marketing. Car la politique des multinationales (vol des matières premières, surexploitation de la main d’œuvre, destruction de l’agriculture locale et des ressources naturelles, maintien de dictatures, provocation de guerres civiles) maintient dans la pauvreté une grande partie de l’humanité. Les intérêts sont donc entièrement opposés. Parler de « communauté internationale » est donc une imposture politique. Quand les médias reprennent cette expression, ils se rendent en fait complices.

 

Si un peuple est uni et déterminé contre un dictateur, il trouvera la force de le renverser. Mais s’il s’agit d’une guerre civile (et personne ne nie que Kadhafi a également des soutiens importants), la solution de ce conflit ne réside pas dans une agression par les grandes puissances. Partout où elles sont intervenues (Irak, Afghanistan, Yougoslavie), la situation s’est aggravée. Elles ne poursuivent que leurs intérêts et si elles l’emportent, il n’est pas du tout évident que le peuple libyen sera moins pauvre et moins exploité.

 

Dans le tiers monde, on comprend tout ceci beaucoup plus facilement. Mais dans les pays riches, non. Pourquoi ?

 

Chaque guerre est précédée d’un grand média-mensonge


Même dans la gauche européenne, on constate une certaine confusion : intervenir ou pas ? Non seulement le PSE a voté au parlement européen en faveur d’une telle résolution de l’ONU mais également Jean-Luc Mélenchon et Marie-Christine Vergiat, membres du Front de Gauche ! L’argument massue « Kadhafi bombarde les civils » a pourtant été démenti par des sources occidentales et des sources de l’opposition libyenne. Mais répété des centaines de fois, il finit par s’imposer dans l’opinion…

 

Il n’est pas inutile de rappeler que chaque grande guerre a été précédée d’un grand média-mensonge pour faire basculer l’opinion. Quand les USA ont attaqué le Vietnam, il a été prétendu que celui-ci avait attaqué deux navires US. Faux, ont-ils reconnu plusieurs années plus tard. Quand ils ont attaqué l’Irak, ils ont invoqué la présence d’Al-Qaida, les armes de destruction massive ou l'affaire des couveuses au Koweït. Faux également. Quand ils ont bombardé la Yougoslavie, ils ont parlé d’un génocide. Toujours faux. Quand ils ont envahi l’Afghanistan, ce fut en prétendant qu’il était responsable des attentats du 11 septembre. Faux encore et encore.

 

Aujourd’hui, il est vraiment temps de se rendre compte que toutes les guerres à travers le monde ont toujours été précédées par de grands média-mensonges


 

 

Merci à Michel Collon pour ses informations (http://michelcollon.info/)


Photo Flickr-cc : Libye par De Duindog ( http://www.flickr.com/photos/duimdog/128342274/)  

Tag(s) : #Europe - International

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