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Candidat à la Présidence de la République, José Bové vient d'être condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir fauché des champs d’OGM, à Menville en juillet 2004, en compagnie de huit autres personnes, dont Noël Mamère, ex présentateur de télévision.

La cour de cassation, la plus haute juridiction française, a rejeté la demande d’annulation de la peine que les prévenus avaient déposée au nom de «l’état de nécessité», en invoquant notamment le principe de précaution et la charte de l’environnement.  

Menacé d'emprisonnement, José Bové maintient néanmoins sa candidature... 

 
Condamner ainsi José Bové, alors que c’est l’Etat qui aurait dû être condamné, est tout à fait typique d’une certaine sclérose à la française et d’une dégénéresence complète de la 5ème République. En effet, le gouvernement, qui n’a toujours pas transposé en droit français la directive européenne sur les OGM de 2001, a déjà été condamné à plusieurs reprises par Bruxelles.

La Commission européenne a même saisi officiellement la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE) pour réclamer à la France une amende qui pourrait atteindre entre 20 et 40 millions €, auxquels pourrait s'ajouter une astreinte de 300 000 à 500 000 € par jour jusqu'à transposition de la directive en droit français !  

José Bové est théoriquement menacé d’incarcération mais la complexité de cette affaire qui va passer par un juge d’application des peines (JAP), magistrat indépendant par son statut, pourrait cependant repousser le règlement de cette affaire après l’élection présidentielle. «Si je vais en prison, c’est la tête haute, c’est pour m’être battu pour la démocratie, pour le droit des Français qui refusent les OGM à 80%» a-t-il déclaré à la presse.  

José Bové a déjà connu la prison dans les années 70, lors des manifestations contre le camp militaire du Larzac, et plus récemment à trois reprises. Il a été emprisonné durant trois semaines à l’été 1999 pour le saccage du restaurant McDonald’s de Milau, puis du 19 juin au 1er août 2002 pour l’exécution du reliquat de la peine de trois mois de prison ferme prononcée pour ces faits, et enfin du 22 juin au 2 août 2003 pour l’exécution d’une peine de six mois ferme prononcée dans une première affaire de fauchage de plants d’OGM.  

Face à la gauche du Oui au TCE en 2005 qualifiée de «gauche du renoncement», José Bové est le seul candidat de la gauche du NON qui ne soit pas le représentant officiel d’un parti politique (PC) ou de l’une des trois organisations trotskistes : LO, LCR et PT, frappées une nouvelle fois de ridicule car étant incapables de se mettre d’accord sur une candidature unique, même à leur seule famille politique !  

Plusieurs sondages indiquent que la candidature de José ne nuirait pas forcément à celle de Ségolène Royal. C’est aussi l’avis de François Delapierre qui est délégué général de l’association «Pour la République Sociale » (PRS), qui œuvre avec Jean-Luc Mélenchon «pour une union des gauches».


Interview de François Delapierre Délégué général de l’association PRS

La candidature Bové peut-elle affaiblir celle de Royal ? 

Je ne crois pas que la candidature de José Bové puisse nuire à Royal. Ce qui affaiblirait le Parti socialiste c'est une logique de surenchère. Mais plus que tout : ce serait de se retrouver dans une situation où l'autre gauche serait écrasée électoralement. Ce serait une erreur de croire que le PS pourrait occuper ce terrain. Même si Ségolène faisait un score de 30% au premier tour, comme le disent les sondages -ce qui est déjà énorme- il resterait 20% de plus à prendre pour gagner au second tour. On voit bien, arithmétiquement, que le Parti socialiste a besoin de l'autre gauche.

Votre association « Pour la république sociale » fera-t-elle campagne pour Royal ou pour Bové ?

Ce n'est pas le rôle de PRS de donner des consignes de vote. Nous appelons à battre la droite et à voter pour le candidat de gauche le mieux placé au second tour. PRS est une association ou il y a des militants socialistes mais aussi de nombreux communistes ou d'autres tendances de la gauche. Certains ont annoncé qu'ils feraient la campagne de Royal, d'autres feront la campagne de Buffet et d'autres feront probablement la campagne de Bové.
Votre mouvement censé oeuvrer pour une union des gauches fera donc aussi campagne en ordre dispersé. Vous le regrettez ?

Au départ, le but était de se mettre d'accord sur une candidature commune qui provoquerait une dynamique de dépassement et changerait le rapport de forces. Aujourd'hui, on assiste à une multiplication des candidatures. Nous avons de nombreux militants qui continuent à agir au sein des collectifs. Même s'il subsiste encore de nombreuses inconnues sur cette candidature, José Bové incarne une sensibilité qui n'est pas représentée, une tendance à la fois libertaire et écologique. Il y a donc plusieurs candidats qui ont tous leur légitimité mais aucun ne peut représenter à lui seul la gauche antilibérale. Ce qui est regrettable c'est que le but des collectifs, c'était justement d'éviter cette dispersion. Une union des gauches reste possible pour de prochaines échéances. L'urgence aujourd'hui, c'est de battre la droite.
Marianne, janvier 2007, Propos recueillis par Octave Bonnaud www.marianne2.fr/  
 
Photo Flickr-cc : José Bové par desfilhesjm ( http://www.flickr.com/photos/jmdesfilhes/)

 

Tag(s) : #Institutions - Politique

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