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En Grèce aujourd’hui, demain au Portugal ou en Espagne, les fanatiques de l'euro ont fait leur choix : la monnaie unique à tout prix. Le plan d'aide à la Grèce s’inscrit ainsi dans un dispositif contrôlé de A à Z par la Commission, la Banque Centrale Européenne et le Fonds monétaire international, conformément aux exigences allemandes.

La loi votée à main levée, comme un seul homme, par les députés UMP et PS fixant la participation financière de la France (16,9 milliards €) ne comporte pas une seule fois le mot solidarité ! Ceux qui l'ont approuvé devraient marcher la tête basse, en particulier le PS dont son porte-parole Benoît Hamon a prétendu hypocritement que les députés socialistes avaient voté «l'aide» mais pas le plan d'austérité qui en est la condition explicite et absolue…

 
La commission des Affaires économiques du parlement grec a validé définitivement le plan d’austérité adopté par le gouvernement Papandréou en échange d’une aide financière de 110 milliards d’euros sur trois ans du FMI et de la zone euro. Alors que la Grèce aurait besoin d'une politique monétaire mieux adaptée à sa situation, voire d'une dévaluation pour retrouver un peu d'air frais, elle se trouve contrainte de faire porter l'intégralité de l'effort sur son peuple, n'ayant pas la possibilité de s'extraire du carcan de l'euro.

Ce plan d'une rare violence sociale s’ajoutera aux trois plans d'austérité déjà adoptés ces derniers mois. Les 13e et 14e mois qui compensent le faible traitement des fonctionnaires et des retraités sont supprimés. La TVA passée de 19 à 21% sera portée à 23%. L'investissement public est amputé de 1,5 milliard. Les annuités pour la retraite passent de 37 à 40 ans. Les licenciements seront facilités dans le privé et un CPE (sous-SMIC) créé pour les jeunes et les chômeurs de longue durée.

Toutes ces mesures sont sans rapport avec la dette de l'état et ce plan ne remet pas en cause bien sûr les privilèges du premier propriétaire foncier et immobilier du pays qui ne paie pas un centime d’euro d'impôt : l'église. Ni ceux des armateurs qui y concentrent la richesse.

Depuis plusieurs jours, les médias français nous expliquent que les Grecs perçoivent quatorze mois de salaire. Qu'en est-il réellement ? Le salaire moyen d'un fonctionnaire grec est au mieux de 1 400 euros si l'on rapporte les quatorze mois sur douze mois. Un quotidien du soir nous donne l'exemple d'un technicien en radiologie médicale de l'hôpital public qui gagne 950 euros par mois. Les quatorze mois de salaires servent en fait à rattraper les bas salaires.

Quant à la retraite, le ministre du Travail Andreas Loverdos a indiqué souhaiter reculer de deux ans d'ici 2015 l'âge moyen de départ à la retraite pour le porter à 63 ans. L'âge légal de départ en retraite, selon une réforme de 2008, est fixé à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, avec un âge moyen de 61,4 ans.

Les taux «punitifs» théorisés par les états européens pour redresser le mauvais élève grec vont donc punir d’abord le petit peuple et risquent de provoquer à nouveau une récession qui réduira les ressources nécessaires pour rembourser !

Si la BCE avait prêté tout de suite à 1 % à la Grèce, nous n’en serions pas là. L'article 123 du traité de Lisbonne permet en effet d'intervenir en cas de circonstances qui échappent au contrôle du pays concerné mais l’Euro-groupe a décidé que l'on n'était pas dans cette situation et que l'on ne pouvait pas utiliser cet article…

La façon dont a été gérée cette crise depuis le début est une véritable incitation à la spéculation boursière. Contrairement à ce que l'on entend ici ou là, le problème n'est pas la contagion de la crise grecque à d'autres pays, mais l'encouragement des banques à continuer de spéculer sur des pays comme le Portugal. Selon Dominique Strauss-Kahn, le Portugal va prêter à la Grèce à un taux inférieur à celui auquel il emprunte pour son compte. Le président du FMI s'extasie même devant cette réalité, de même qu'il s'enthousiasme sur le fait que des pays pauvres comme le Mali sont parties prenantes de ce sauvetage.

Comment est-il possible qu'on demande à des pays déjà en grande difficulté d'en aider un autre alors que les plus riches de la zone euro avaient la possibilité d'organiser la solidarité rapidement pour éviter que la crise ne prenne son ampleur actuelle ?

Les établissements bancaires qui ont profité de la situation de la Grèce en prêtant à des taux scandaleux, s'enrichiront encore une fois aux dépens de l'État et du peuple grec ! On en revient à la situation que nous avons connue avec la crise des subprimes.

Les banques vont pouvoir reconstituer ainsi leurs profits. Elles ne sont jamais mises à l’index quand elles spéculent, sur la dette des États ou sur autre chose. Qu'est-ce qui les convaincra de ne pas attaquer demain le Portugal, après-demain l'Espagne et pourquoi pas ensuite la Grande-Bretagne et la France ?

Il existait pourtant une solution : obliger les banques qui détiennent la dette grecque - dont les banques françaises - à prêter à la Grèce, à un taux qui aurait été par exemple de 1 ou 2 %. Ainsi, la Grèce pouvait sortir de la crise dans laquelle elle se trouve, sans que ce soit le peuple qui paye massivement les profits de banques qui vont s'enrichir une fois de plus sur le dos d'un pays, en attendant les suivants…


 

 

Tag(s) : #Europe - International

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