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Avec une certaine impudence, à Toulouse, lors du meeting de lancement de campagne du PS pour les élections européennes du 7 juin prochain, Martine Aubry a cité Jaurès et « L’Europe nouvelle, un peu moins sauvage » à laquelle il aspirait dans un article écrit la veille de son assassinat.

 

Mais cette Europe que Martine critique, ce n’est pas seulement celle des ultra-libéraux, Manuel Barroso en tête, c'est aussi celle de tous les socialistes européens, de l'UMP, du Modem, des verts et de Jacques Delors, ministre socialiste des Finances de 1981 à 1985 puis président de la Commission européenne de 1985 à 1995, qui a conçu notamment l’acte unique européen et le traité de Maastricht.


C’est l’Europe qu’elle a défendu ardemment le 29 mai 2005 en faisant campagne pour le Oui au traité constitutionnel puis en soutenant le traité de Lisbonne qui réunit toutes les causes des souffrances présentes. Un traité dont le PS a permis, avec l'UMP, lors du congrès de Versailles, qu’il s’inscrive dans la Constitution de la République si par malheur il est ratifié par les 27 pays européens...

 

 

 

La semaine dernière, le parti socialiste a lancé sa campagne pour les élections européennes. L’occasion pour Martine Aubry de plaider pour une « autre Europe », une « Europe un peu (sic) moins sauvage » et de demander aux Français de les aider pour décrocher une majorité au parlement européen en juin.

Une hypocrisie politique

Le Parti Socialiste a trouvé son credo : dénoncer l’Europe libérale du PPE, le Parti Populaire Européen, et rejeter sur la droite la responsabilité de la crise économique. Mais cette grosse ficelle est bien abusive. Il faut savoir que depuis trente ans, le PSE et le PPE dirigent ensemble le parlement européen puisque les deux principaux groupes parlementaires se partagent la présidence du Parlement deux ans et demi chacun, préférant leur monopole à une « concurrence libre et non faussée ».


Mieux, le Parti Socialiste affirme qu’il faut voter pour lui afin de remplacer l’actuel président de la Commission Européenne, Juan Manuel Barroso, alors que les deux principaux leaders de gauche en Europe, Gordon Brown et José Luis Zapatero, lui ont apporté son soutien. Mieux, la perspective d’une majorité de gauche en juin 2009 est complètement illusoire quand on sait que dans la plupart des pays (Allemagne, Grande-Bretagne, Italie…), la gauche est largement derrière la droite.

Une hypocrisie économique

Mais cette immense hypocrisie politique est doublée d’une incroyable hypocrisie économique. En effet, comment le Parti Socialiste Français peut-il se désolidariser des choix économiques européens faits depuis 25 ans ? N’a-t-il pas majoritairement soutenu l’Acte Unique, le traité de Maastricht, le traité de Nice, le Traité Constitutionnel Européen puis le traité de Lisbonne ? Tous ces traités ont obtenu une très large majorité des suffrages des élus du PS.


Et ce sont ces traités qui ont fait avancer la déréglementation dans tous les domaines, qui ont rendu le pouvoir monétaire indépendant des politiques. Ce sont ces traités qui ont tenté de faire de la « concurrence libre et non faussée » un objectif de l’Union Européenne. Ce sont ces mêmes socialistes qui ont accepté la libéralisation des anciens services publics sous Lionel Jospin. Bref, les socialistes sont largement co-responsables du bilan calamiteux de l’Europe.

 

Il est relativement habile de chercher à faire croire qu’en votant pour le PS, les Français pourraient changer la direction d’une Europe que les socialistes n’ont pourtant pas cessé de soutenir depuis un quart de siècle. Mais pour vraiment la changer, il vaut mieux éviter le bulletin à la rose.

 


Tag(s) : #Institutions - Politique

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