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Alors que de nombreux touristes français et des milliers de Franco-Tunisiens s’apprêtent à traverser la Méditerranée pour aller bronzer tranquillement sur les plages de la “douce Tunisie”, manger du couscous à l’harissa, boire du thé à la menthe à Sidi Bou Saïd et respirer l’odeur du jasmin, le Général Ben Ali réprime dans le sang les “révoltes populaires” dans le Sud du pays et tout ça dans une quasi-indifférence de la communauté internationale en général et de la France en particulier.

Certes la Tunisie n’est ni le Tibet, ni le Darfour ni la Colombie d'Ingrid Betancourt mais il est néanmoins très choquant de voir cette indignation sélective, d’autant plus, qu’après la mort le 6 juin dernier, du jeune Ben Ridha Bel Hafnaoui, au seuil de ses vingt ans, la répression continue dans le bassin minier à Redeyef…

 


La police tunisienne vient d’arrêter Adnane Hajji, syndicaliste et animateur du mouvement du bassin minier à Redeyef. Sa femme, Jomâa Hajji, s'est déplacée au poste de police pour demander de ses nouvelles et lui apporter des médicaments car Adnane Hajji souffre d'une insuffisance rénale. Mais la police a nié son arrestation et refusé de lui remettre ses médicaments.

Plusieurs dizaines de syndicalistes et animateurs du mouvement à Redeyef sont également activement recherchés par la police.

Durant la nuit du 21 au 22 juin dernier, la police a effectué une descente au domicile du syndicaliste Béchir Labidi. Ce dernier n'étant pas chez lui, elle a arrêté son fils Ghassen pour l'interroger sur le lieu où pouvait se trouver son père. Il a été relâché après un tabassage en règle.

 

Le domicile de Tarek Hlaïmi a subi le même sort, la police a arrêté son frère puis l'a libéré.

Toujours au cours de la même nuit, des opérations similaires ont eu lieu aux domiciles de Adel Jayar, Taeïb Ben Othmane et d'autres syndicalistes et militants du mouvement.

Depuis la répression dans le sang du mouvement à Redeyef qui s'est soldée par un mort et 27 blessés, des arrestations et des enlèvements ont lieu quotidiennement. 21 personnes ont déjà comparu devant le juge d'instruction à Gafsa. Parmi elles se trouvaient des personnes dont on était sans nouvelles depuis plusieurs jours. C'est le cas du photographe Mahmoud Raddadi disparu depuis le 9 juin.

Par cette nouvelle vague d'arrestations, le pouvoir tunisien semble décidé à en finir avec le mouvement social du bassin minier à Redeyef qui s'est étendu récemment à Fériana, ville limitrophe de Kasserine.

Malgré la répression, le mouvement rencontre de plus en plus de soutien dans le pays. Une réunion publique a été organisée par le comité national de soutien à Tunis. Des rassemblements de syndicalistes ont eu lieu devant le siège de l'UGTT. Des femmes de Redeyef ont tenté à plusieurs reprises de se rassembler, elles ont été dispersées par la police mais ont réussi finalement à se rassembler pour protester contre les forces de l'ordre.

Après les émeutes de la faim dans le sud du pays, après l’effondrement sans précédent de la classe moyenne, l’arrogante richesse des classes dirigeantes, la désespérance d’une jeunesse qui ne rêve que de partir, même sur le bateau de la mort, ces derniers épisodes montrent, si besoin était, que le système Ben Ali est avant tout un régime policier qui cherche à en finir par la force et par la répression avec un mouvement de lutte populaire qui témoigne des graves problèmes sociaux de la Tunisie comme des autres pays du Maghreb.

Depuis le coup d’Etat du 7 novembre 1987, promettant un processus démocratique et des réformes, s’est mis en place en fait inexorablement, sous le prétexte fallacieux de la lutte contre l’islamisme, un autre processus lent et insidieux de dictature maffieuse et policière de la pire espèce.

Ce système n’a pas simplement affaibli le système bancaire, ruiné d’honnêtes commerçants, bradé pour une bouchée de pain les entreprises nationales. Il a perturbé également l’image du travail en tant que valeur et gangrené deux systèmes qui faisaient la fierté des Tunisiens : le système de santé et surtout le système éducatif.

Et le soutien total apporté par Nicolas Sarkozy au général Ben Ali qu’il voit comme une pièce maîtresse dans son projet d’Union méditerranéenne, est aujourd’hui catastrophique pour le peuple tunisien et les pays du pourtour méditerranéen. 

 

Le comité de Paris de soutien aux habitants du bassin minier de Gafsa :

 

- dénonce les arrestations et les procès visant à criminaliser les luttes pacifiques de ces populations pour leur droit au travail et à une vie meilleure.

 

- exige la libération immédiate de Adnane Hajji et de toutes les personnes emprisonnées pour leur participation au mouvement, et l'arrêt des poursuites contre tous les autres animateurs.


- appelle les organisations syndicales, politiques et associatives à accroître leur solidarité avec les luttes de la population du bassin minier en participant aux différentes initiatives qui seront organisées les 5 et 10 juillet à Paris.


 

 

Comité de Paris de soutien aux habitants du bassin minier de Gafsa

Courriel : bassin.minier@hotmail.fr

C/o FTCR, 3 rue de Nantes 75019 Paris

Tag(s) : #Europe - International

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